Ce que j’ai compris en ayant un enfant à 28 ans

Il y a de ces femmes qui savent dès leur tendre enfance qu’elles auront des enfants et cette idée se concrétise comme prévu. D’autres pour qui ça ne fonctionne pas. Il y a celles pour qui le choix se fait attendre, sans jamais poindre à l’horizon malgré l’horloge qui sonne. Il y a d’autres femmes pour qui la décision s’est prise pour elles, comme un cadeau doux-amer tombé du ciel qu’elles doivent apprivoiser. Il y a aussi ces femmes qui – c’est catégorique – ne veulent pas d’enfant. La maternité est quelque chose qui nous choisit et que l’on doit choisir en retour. C’est l’acceptation de se faire envahir par une petite tornade, un ramassis d’émotions qui nous fait déborder de notre propre personne.

Attendre le bon timing

Quand j’étais enfant, je disais que je voulais avoir mes enfants à un jeune âge. J’ai eu mon premier enfant à 28 ans. Pis, est-ce que c’est jeune, 28 ans? Quand on se compare, je suis plutôt dans la moyenne. En région, par exemple, une femme de mon âge aura parfois plusieurs enfants déjà. À Montréal, dans notre cercle d’amis, nous sommes les premiers. On aurait pu en avoir avant, le désir était là, mais quelque chose me bloquait. Je voulais terminer mes études, travailler un peu, devenir indépendante financièrement, voyager… Après 2 ans sur le marché du travail, j’ai arrêté de prendre la pilule en me disant que ça arriverait quand ça arriverait. 8 mois plus tard, Léon faisait son nid.

 

Je suis heureuse d’avoir eu le privilège d’attendre le moment parfait pour moi. Par contre, étant la première de mes amies à avoir un enfant, je ressens aussi une sorte d’angoisse. Je suis une femme ambitieuse et le fait de devoir mettre ma carrière sur pause pendant une année, après si peu d’expérience, me laisse mi-figue, mi-raisin. Suis-je en train de manquer le train professionnel? Vais-je me sentir épuisée de retourner au travail et abdiquer pour un emploi moyen, mais confortable? Il est évident que nos priorités changent lorsqu’on devient parent, et que la flexibilité des horaires et une bonne couverture d’assurances jouent pour beaucoup dans le choix d’un emploi. Mais je ne veux pas m’arrêter là. J’ai 28 ans et j’ai l’impression que je ne fais que commencer ma vie.

 

À la croisée des chemins

Je sais que mes propos se contredisent quand je parle de vivre le moment présent et de pratiquer la gratitude tous les jours. C’est idéaliste de penser qu’on peut constamment se contenter de ce que l’on a ET avoir de l’ambition. Ces deux concepts s’opposent par définition. Je rêve d’un emploi qui me stimule intellectuellement tout en pouvant passer du temps de qualité avec mon garçon les soirs et les week-ends. Est-ce que c’est trop demander?

Finalement, 28 ans, dans mon milieu, c’est comme un entre-deux : idéal et plate en même temps. Idéal, parce que j’ai eu le temps de goûter à la liberté et de me positionner sur le marché du travail. Parce que j’ai eu le temps d’être célibataire, de faire un peu le party, de me caser et d’expérimenter une vie à deux épanouie avant qu’on devienne trois. Plate, parce que c’est normalement à cet âge, je crois, que l’on doit se démener à l’emploi pour se démarquer et éventuellement accéder à des postes plus importants. Il fallait trancher et j’ai coupé la poire en deux. Qui sait, peut-être est-ce le meilleur des deux mondes après tout? On s’en reparle dans 5 ans.

 


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La petite mom

 

2 Comments

    • lapetitemom Répondre

      Merci de me lire et de m’encourager mon cher papa! 🙂

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